All her fault

Calme, méthodique et à l'écoute. Read More

Série « All her fault » diffusé sur Canal +.

Rôle: Officier Petrovic.
Acteur doublé: James Huang (I)
Je donne la réplique à Victor Alexis qui joue le rôle du père et Laurence Porteil, la mère.

Direction: Marie Donnio.
Enregistré et mixé chez Iyuno.

Avec All Her Fault, adaptation du roman d’Andrea Mara, la télévision américaine signe un thriller domestique redoutablement calibré, diffusé sur la plateforme Peacock. Derrière son point de départ apparemment banal — la disparition d’un enfant lors d’un simple après-midi chez un camarade de classe — la série installe rapidement un climat de malaise diffus, où chaque certitude familiale se fissure.

Portée par Sarah Snook, la série repose largement sur la performance de son interprète principale. L’actrice, révélée par Succession, abandonne ici toute ironie pour incarner une mère en état de choc, dont la quête de vérité se transforme progressivement en descente dans la paranoïa. Son jeu, extrêmement tendu, maintient la série à flot même lorsque le scénario multiplie les rebondissements parfois excessifs.

En face, Dakota Fanning apporte une ambiguïté bienvenue à un personnage secondaire dont les intentions oscillent constamment entre bienveillance et manipulation. Cette dualité nourrit un récit fondé sur la méfiance permanente, où chaque personnage semble dissimuler une part de vérité.

La mise en scène privilégie une esthétique froide et maîtrisée, typique du thriller contemporain centré sur la sphère privée. Mais là où la série trouve son efficacité, c’est dans sa capacité à transformer un environnement ordinaire — pavillons, écoles, réunions parentales — en terrain de suspicion généralisée. Le quotidien devient progressivement un labyrinthe psychologique.

Sur le plan narratif, All Her Fault s’inscrit dans la lignée de productions comme Big Little Lies ou Gone Girl, en explorant les thèmes de la maternité, de la culpabilité et des apparences sociales. La série joue en permanence avec les attentes du spectateur, accumulant faux-semblants et retournements de situation, parfois au détriment de la crédibilité globale.

Cette surenchère scénaristique divise : certains y verront une mécanique trop démonstrative, d’autres un plaisir de visionnage assumé, proche du “binge-watching” compulsif. Mais difficile de nier l’efficacité de l’ensemble, qui maintient une tension constante jusqu’au dénouement.

Au final, All Her Fault s’impose comme un thriller efficace mais parfois trop appliqué, qui brille davantage par son interprétation et son atmosphère que par la subtilité de son écriture. Une série qui exploite avec habileté une peur universelle — la disparition d’un enfant — pour en faire un moteur narratif implacable.